*Limite de Roche*
Le calcul de la limite
de Roche est par essence un problème complexe, car il dépend de
la constitution interne du satellite.
Cependant, des
approximations peuvent être faites.
Historiquement, Roche avait
considéré la distance à laquelle deux sphères indéformables de
rayon r et de masse m, en contact, orbitant autour d'une planète
de masse M et de rayon R, se détacheraient sous l'effet des
forces de marées.
Dans la pratique, un satellite naturel ou
artificiel est capable d'orbiter en-deçà de la limite de Roche
car il est maintenu par d'autres forces de cohésion.
Le tableau
à droite exprime les rayons orbitaux des satellites intérieurs
de chaque planète, exprimés en multiple de leurs limites de
Roche respectives.
Mercure est aussi incluse à titre de
comparaison.
On constate que Naïade est le cas le plus extrême.
Toutes ces lunes (exception faite de la Lune et de Charon)
restent entières bien qu'orbitant en dessous ou très près de
leur limite de Roche.
On a constaté que Phobos, satellite de
Mars, présente de nombreuses fractures, sans pouvoir pour autant
les imputer à sa proximité avec la planète.
Les théories de
création des anneaux planétaires font généralement intervenir la
limite de Roche.
On pense qu'ils sont créés soit par
désagrégation d'un satellite après son passage en-deçà de la
limite, soit par empêchement de l'agrégation des particules
située dans cette zone lors de la création de la planète.
Dans
le cas des anneaux de Jupiter, il est possible qu'ils
proviennent directement de particules arrachées à Adrastée et
Métis : les forces de marées provenant de Jupiter seraient
suffisantes pour qu'une particule placée à leur surface puisse
être emportée au loin.
L'anneau E de Saturne s'étend bien
au-delà de l'orbite de Roche.
Son épaisseur inhabituelle laisse
penser qu'il serait le résultat d'un dégazage volcanique récent
d'Encelade, les cristaux de glace ainsi produits se diffusant de
plus en plus qu'ils s'éloigneraient du satellite.
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À l'intérieur de la limite la gravité du fluide n'est plus
suffisante pour maintenir la structure du corps, et les forces
de marée le désintègrent.
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